Portrait de Marie Angélique de Scorailles, duchesse de Fontanges

Aidez-nous à retrouver le portrait original de la marquise de Fontanges peint par Pierre Mignard

École française du XVIIe siècle, Portrait de Marie Angélique de Scorailles, duchesse de Fontanges (1661-1681), vers 1680. Huile sur toile, 59,5 x 50,7 cm © Centre des monuments nationaux

Description matérielle

Inscription en haut à droite du tableau, sur la couche picturale : « Mlle de Fontanges, 1680 ».

Documentation

Victor Advielle, Le portrait de la duchesse de Fontanges du Musée national de Madrid et les faux portraits de la favorite, Librairie G. Rapilly, 1900, 20 p.Stéphane Castelluccio, « Le Cabinet des tableaux de la Surintendance des Bâtiments du roi à Versailles », Versalia. Revue de la Société des Amis de Versailles, n°12, 2009. p. 21-54.Simon-Philippe Mazière de Monville, La vie de Pierre Mignard premier peintre du roy, Paris, chez Jean Boudot, 1730. 

 

Campagne photographique de 1952© Centre des monuments nationaux

Œuvres en rapport

La duchesse de Fontanges est demeurée célèbre pour avoir été la maîtresse du roi Louis XIV, qui délaissait alors sa maîtresse en titre, Mme de Montespan. En 1679, elle cède au roi alors qu'elle n'est âgée que de dix-sept, et donne rapidement naissance à un fils en 1780, lequel meurt au bout d'un mois, laissant la jeune fille malade des suites de cet accouchement prématuré. Comme cadeau d'adieu, Louis XIV lui offre le duché de Fontanges. La jeune femme se retire alors à l'abbaye de Chelles dont sa sœur était abbesse, puis est transportée à l'Abbaye de Port-Royal peu avant de mourir.La présence de la marquise de Fontanges à Aulteribe est importante, puisque Henriette Onslow (1814-1883), qui épouse le marquis Joseph de Pierre en 1839, est issue de l'union de George Onslow et de Delphine de Fontanges (1790-1879)L'iconographie de Marie-Angélique de Scoraille (ou d'Escorailles) de Roussille, duchesse de Fontanges demeure largement méconnue car la jeune femme meurt à peine âgée de vingt ans. Les portraits faits de son vivant sont donc rares. La seule certitude que nous ayons, selon le témoignage de Simon-Philippe Mazière de Monville, c'est que le peintre Pierre Mignard en a exécuté à la demande du roi : « Il avait fait aussi le portrait de madame de Fontanges, et le Roi lui-même n'avait pas trouvé que le Peintre eût rien diminué des charmes de cette belle personne » (Simon-Philippe Mazière de Monville, La vie de Pierre Mignard, premier peintre du roy, p. 106). Un inventaire des tableaux du roi, rédigé en 1709 et 1710, confirme sa présence à Versailles : « Portrait de Madame de Fontanges, vestue d'un manteau bleu, assise et appuyée sur un carreau de velours cramoisi, tenant des roses et une anémone dans ses mains ; figure comme nature ; ayant de hauteur 3 pieds 3 pouces, sur 3 pieds 9 pouces de large ; de forme ovale, dans sa bordure dorée. » (Advielle, 1900, p. 16). Le portrait d'Angélique de Fontanges figure toujours dans l'inventaire des tableaux du roi de 1760, avec Louis XIV et les ambassadeurs du Siam par Le Brun, le Grand Dauphin, Philippe V et le duc de Bourgogne par Rigaud, ou la duchesse de Bourgogne par Santerre (Stéphane Castelluccio, 2009, p. 36). Cependant, en dépit d'une description que l'on pourrait croire relativement précise, le marché de l'art offre de nombreux tableaux qui pourraient répondre au modèle recherché.

Victor Advielle considère qu'un tableau qui se trouve au Musée du Prado à Madrid, inscrit sous le nom de Mignard et identifié comme représentant Mlle de Fontanges est le seul portrait authentique de Madame de Fontanges. Il suppose que ce tableau s'est retrouvé au Musée du Prado pour avoir appartenu par héritage au petit-fils de Louis XIV, le duc d'Anjou, qui devint roi d'Espagne en 1700. Le tableau, de piètre facture, n'est aujourd'hui plus reconnu comme celui d'Angélique de Fontanges par le Prado, et encore moins attribué à Pierre Mignard. De nombreux portraits qui représenteraient Madame de Fontanges sont repérables dans les collections publiques ou particulières, mais leurs origines sont inconnues ou douteuses. Le marché de l'art offre régulièrement des portraits où la duchesse serait représentée, avec des attributions régulières à Pierre Mignard. Le portrait d'Aulteribe est probablement une des nombreuses versions peintes au XVIIe siècle, non d'après l'estampe de Nicolas III de Larmessin, qui grave un collier, mais plutôt d'après le portrait conservé au château de Bussy-Rabutin, exécuté au XVIIe siècle. Si le traitement du visage et des dentelles est assez fin, les plis du manteau bleu sont quant à eux d'une facture assez grossière.Roger de Bussy-Rabutin évoque du reste la dame dans son Histoire amoureuse des Gaules, sous le chapitre « Le Passe-Temps royal, ou les Amours de Mlle de Fontange » (t. II du manuscrit conservé à la Bibliothèque nationale). Angélique de Scorrailles était réputée pour sa grande beauté, et Bussy-Rabutin place ces mots dans la bouche du roi : « elle a le plus bel œil qu'on ait jamais vu ; sa bouche est petite et vermeille, et son teint et sa gorge sont admirables ; mais ce qui me charme davantage, c'est un certain air doux et modeste qui n'a rien de farouche ni de trop libre. » Et de conclure : « Si nous faisons un juste parallèle du mérite de notre héroïne avec les qualités de celles qui l'ont précédée dans son emploi, nous trouverons que sans le secours de sa beauté elle les surpasse toutes. » 

 

Anonyme français du XVIIe siècle, Portrait de Marie Angélique de Scorailles, duchesse de Fontanges (1661-1681). Huile sur toile, 55 x 50 cm. (Château de Bussy-Rabutin, Cmn) © Centre des monuments nationaux 

 

Nicolas III de Larmessin (vers 1640-1725), Marie-Angélique de Scorraille de Roussille, duchesse de Fontanges (1661- 1681), 1687. Estampe, 23 x 16,5 cm (Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon) © RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Gérard Blot 

 

Atelier de Pierre Mignard (1612–1695), Portrait présumé de la Duchesse de Fontanges, 1680. Huile sur toile, 101.6 × 81.3 cm.London, Sotheby's, 5.4.1995, Lot 102. 3 pieds 3 pouces, sur 3 pieds 9 pouces de large (marche en hauteur mais pas en largeur)

Œuvre à la loupe

 

 

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