Portraits de M. et Mme de Pont par le pastelliste Joseph Ducreux

Joseph Ducreux (1735-1802), Madame de Pont, née Marie-Madeleine-Françoise l’Escureul de la Touche (1749-1787), v. 1777. Pastel sur carton, 59 x 40 cm. Château d’Aulteribe © Centre des monuments nationaux.

 

Joseph Ducreux (1735-1802), Jean Samuel de Pont (1725-1805), maître des requêtes, intendant de Metz, v. 1777. Pastel sur carton, 59 x 40 cm. Château d’Aulteribe © Centre des monuments nationaux.

Documentation

Émilie-Juliette Gauby, Joseph Ducreux 1735-1802. Peintre de portraits, mémoire, Blaise Pascal Université de Clermont II, 2004.
Neil Jeffares, Dictionary of pastellists before 1800 [édité en ligne]

Œuvres en rapport

Ces deux portraits de famille se rapportent à Henriette Onslow (1814-1883), mariée en 1839 au marquis Joseph de Pierre (1807-1885). Ils représentent les arrières-grands-parents maternels d’Henriette. Sa mère, Delphine de Fontanges, est née de l’union entre Justin de Fontanges et Adélaïde Pauline de Pont, et ces portraits sont ceux des parents d’Adélaïde Pauline de Pont. Ils sont répertoriés par Neil Jeffares dans son dictionnaire des pastellistes comme étant de Joseph Ducreux, portraitiste bien connu de la fin du XVIIIe siècle.

Joseph Ducreux a probablement d’abord étudié avec son père Charles, peintre auprès de Stanislas Lesczynsky à Nancy, puis, à partir de 1760, il aurait travaillé avec le célèbre pastelliste Quentin de La Tour, mais cette affiliation est aujourd’hui considérée comme douteuse. Il a été plus certainement élève de Jean-Baptiste Greuze pour la peinture. En 1769, Joseph Ducreux est envoyé à Vienne afin de faire le portrait de Marie-Antoinette avant son mariage avec Louis XVI. En remerciement, il devient le premier peintre de la Reine, bien qu’il ne soit même pas membre de l’Académie royale de peinture et de sculpture.

Dès la fin des années 1780, il exécute de nombreux autoportraits aux poses inédites (en riant, en baillant, en discret) montrant son intention de rompre avec la tradition à l’aide d’une nouvelle science à la mode, la physiognomonie, qui prétend pouvoir définir le caractère de l’être humain par la seule étude de son apparence.

La Révolution française le fait s’installer à Londres, mais il revient à Paris en 1793 avec l’appui du peintre Jacques-Louis David, proche des Jacobins. Il expose alors au Salon libre de cette même année, avec un autoportrait en moqueur tout à fait provocateur. Joseph Ducreux est un homme de réseaux : en peignant à la cour d’Allemagne, d’Angleterre ou de France, il connaît tous les personnages importants de son époque, qu’ils soient aristocrates ou proches des idées de la Révolution.

 

Joseph Ducreux (1735-1802), Marie-Antoinette d’Autriche, 1769. Pastel sur carton, 64,8 x 49,5 cm. Versailles, château de Versailles @ Wikipedia

 

Joseph Ducreux (1735-1802), Portrait de l’artiste en moqueur, 1793. Huile sur toile, 91 x 72 cm. Vizille, musée de la Révolution française © Wikipedia

 

Œuvre à la loupe

  

 

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