Portrait du marquis de Pierre par Nélie Jacquemart

Nélie Jacquemart (1841-1912), Portrait du marquis René de Pierre (1835-1876), 1876. Huile sur toile, 62 x 51,5 cm © Philippe Berthé/Centre des monuments nationaux

Documentation

Julie Verlaine, « Nélie Jacquemart (1841-1912) : peintre et collectionneuse », Femmes collectionneuses d'art et mécènes : de 1880 à nos jours, Paris, Éditions Hazan, 2013.

Œuvres en rapport

Nélie Jacquemart (1841-1912) est une peintre, devenue une célèbre collectionneuse d’art française avec l’hôtel particulier qu’elle lègue à l’état, devenu musée Jacquemard-André à Paris. Nélie Jacquemard est une personnalité remarquable. Elle a réussi à étudier dans l’atelier du peintre Léon Cogniet, professeur à l’École nationale supérieure des beaux-arts, alors que cette dernière n’acceptait pas encore d’étudiantes. La sœur de Léon Cogniet, Marie-Amélie, l’initie à la peinture et à l’art de copier les œuvres de son frère. Après cette formation, Nélie Jacquemart se spécialise rapidement dans le portrait mondain, rémunérateur, notamment d’enfants (ventes Aguttes, 22.11.2016).

Nélie Jacquemart parvient à exposer au Salon de 1863, alors qu’elle a que vingt-deux ans, deux scènes de genre, puis expose aux Salons de 1665 et 1867. Cette année-là, elle se rend en Italie avec le peintre Ernest Hébert, directeur de la Académie de France à Rome et parvient ainsi à suivre le cursus honorum des lauréats du prix de Rome, auquel elle n’a pas accès en tant que femme. Grâce à ses relations, elle peint le tout Paris jusqu’au président de la République Adolphe Thiers. Reconnue, elle obtient des médailles aux Salons, reçoit des commandes officielles et enseigne le dessin. C’est ainsi qu’elle est sollicitée par Édouard André, banquier richissime, afin de lui faire son portrait, en 1872. Le portrait du marquis de Pierre à Aulteribe date de 1876, qui fréquente Édouard André.

Débute une longue histoire qui aboutit à leur mariage, dix années plus tard. Elle abandonne alors la peinture et constitue avec son époux, co-directeur de la Gazette des Beaux-Arts, une collection d’œuvres d’art. À sa mort, sur le modèle du duc d’Aumale et de son domaine de Chantilly, elle lègue à l’Institut de France sa collection et deux écrins remarquables : l’hôtel particulier parisien du Boulevard Haussmann (musée Jacquemart-André) et l’abbaye de Chaalis dans l’Oise. Il est d’ailleurs à noter que le couple, comme celui de Pierre, s’est passionné pour l’univers oriental et a conçu à l’abbaye de Chaalis, de manière plus poussée qu’au château d’Aulteribe, un « salon oriental » avec les œuvres collectées lors de ses voyages au Moyen-Orient et en Extrême-Orient, d’Iran jusqu’en Birmanie et d’Égypte au Pendjab.

Une rarissime lettre de Nélie Jacquemart – rarissime car la peintre a brûlé toute sa correspondance avant son décès - est conservée au château d’Aulteribe, attestant des liens de cette dernière avec Arthur Onslow, dont l’épouse entretient des liens étroits avec l’Algérie. Ils habitent Fontainebleau, et constituent une collection de peinture, recevant probablement des conseils éclairés de Nélie Jacquemart. Le portrait du marquis René de Pierre est signé et daté du 19 janvier 1876, date de son décès. Il a été exécuté après mort, probablement d’après une photographie. Une attention particulière a été accordée au regard, clair et franc, dirigé face à son spectateur.

 

Nélie Jacquemart (1841-1912), Portrait de petite fille. Huile sur toile, 46,5 x 38 cm. Vente Aguttes, Neuilly-sur-Seine, 22.11.2016 © Aguttes

 

Nélie Jacquemart (1841-1912), Autoportrait, 1880. Huile sur toile, 134 x 81 cm. Paris, musée Jacquemart-André © Wikipedia

Œuvre à la loupe

 

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