Une vue de Dresde par Elisabeth de France, sœur de Louis XVI

Elisabeth de France (1764-1794), Vue de Dresde, v. 1792-1794. Dessin aquarellé, 10,5 x 13,5 cm avec cadre. Château d’Aulteribe © Philippe Berthé / Centre des monuments nationaux

Documentation

Madame Elisabeth, une princesse au destin tragique 1764-1794, cat. exp., domaine de Madame Elisabeth, Versailles (27 avril - 21 juillet 2013), coédition Château de Versailles / Éditions Silvana Editoriale, 2013.
Anne Bernet, Madame Élisabeth : Sœur de Louis XVI, Paris, Éditions Tallandier, 2013.

Œuvres en rapport

Ce dessin est mentionné comme étant d’Elisabeth de France, sœur de Louis XVI, dans les archives du château par Joseph de Pierre, qui dresse un état de ce qu’il possède de précieux. Des objets, comme les boîtes décorées des profils de la famille royale ou de Marie-Antoinette, attestent également de cette dévotion aristocratique pour la famille royale très courante dans la première moitié du XIXe siècle.

Née au château de Versailles en 1764, Élisabeth de France, dite Madame Élisabeth, est la dernière des sœurs de Louis XVI. Orpheline à l’âge de trois ans, elle reçoit une excellente éducation et se passionne pour les sciences. Ses contemporains la disent bonne écuyère, douée pour le dessin et la broderie. Alors qu’elle est encore enfant, sa gouvernante, la comtesse de Marsan, l’emmène avec sa sœur aînée, Madame Clotilde, aux salons de peinture officiels. Par la suite, la princesse montre de réelles dispositions pour le dessin, et le musée de Versailles conserve quelques-unes de ses œuvres.

Dès l’enfance, elle révèle exprime une grande dévotion, tout en étant d’un caractère dissipé et original. Elle manifeste très tôt un grand attachement à Louis XVI et Marie-Antoinette, aux côtés desquels elle demeure toute sa vie, refusant de se marier. En 1789, lorsque la foule emmène le roi à Paris, en 1791, lors de la fuite à Varennes, ou en 1792, lors de la prise des Tuileries, c’est librement, volontairement, que Madame Elisabeth, partage le sort de la famille royale. Le 10 mai 1794, « Elisabeth-Philippine-Marie-Hélène Capet » est condamnée à mort par le Tribunal révolutionnaire. Son corps tronqué et dénudé est jeté dans une des fosses communes du cimetière des Errancis. Après la Révolution, la dépouille n'a pu être identifiée, en dépit du témoignage d’un fossoyeur qui avait localisé la fosse commune. C’est pour cette raison que seul un médaillon la représente au sein de la Basilique de Saint-Denis.

La vue dessinée par Mme Elisabeth présente au château d’Aulteribe a été identifiée comme celle de Dresde, ville de naissance de sa mère, Marie Josèphe de Saxe (1731-1767), devenue dauphine de France par son mariage avec le dauphin Louis, fils de Louis XV. Mme Elisabeth connaît ainsi Dresde et a pu en dessiner cette vue, soit de mémoire, soit plus vraisemblablement à l’aide d’estampes, dont la présence est attestée au début du séjour de la famille royale dans la prison du Temple. On peut imaginer toute la mélancolie à l’œuvre dans l’esquisse de cette ville. Le destin de Marie Josèphe de Saxe, la mère de Mme Elisabeth, n’avait été non plus des plus heureux. Elle meurt en mars 1767 au de château de Versailles, à l’âge de 35 ans, peu après son époux, le Dauphin Louis, qui n’aura jamais régné. La Révolution, même enterrée, ne l’épargne pas, puisque les sépultures du Dauphin et de son épouse, conservés à Sens sont profanées en 1794 et leurs restes jetés dans une fosse commune du cimetière de l'Hôtel-Dieu. Leurs corps sont retrouvés et remis dans leur caveau de la cathédrale de Sens en 1814. Seul son cœur repose à l’église de Saint-Denis.

  

Vue de l’emplacement de la vue de Dresde au château d’Aulteribe

 

Louise-Elisabeth Vigée Le Brun (1755-1842), Portrait présumé de Madame Elisabeth. Huile sur toile, 64,3 x 52,2 cm. Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon © Château de Versailles, Dist. RMN-Grand Palais / Christophe Fouin

  

Louise-Elisabeth Vigée-Le Brun (1755-1842), Elisabeth Philippine Marie Hélène de France, dite Madame Elisabeth, 1782. Huile sur toile, 110 x 82 cm. Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon © RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Gérard Blot

 

Œuvre à la loupe

 

 

 

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