Une copie du portrait de Marie-Antoinette en buste par Louise-Elisabeth Vigée-Le Brun

D’après Louise-Elisabeth Vigée-Le Brun (1755-1842), Marie-Antoinette de Lorraine-Habsbourg, archiduchesse d’Autriche, reine de France (1755-1795). Huile sur toile, 84 x 68,5 cm. Château d’Aulteribe © Benjamin Gavaudo/Centre des monuments nationaux

Documentation

Pierre Arizzoli-Clémentel, Xavier Salmon, Marie-Antoinette, cat. exp., Galeries nationales du Grand Palais, Paris, 15 mars-30 juin 2008, Paris, Réunion des musées nationaux, 2008

Œuvres en rapport

Le portrait présent au château d’Aulteribe, est une variante en buste du grand portrait de 1778, peint par Louise-Elisabeth Vigée-Le Brun (1755-1842), dont l’original est conservé à Vienne. Une version en buste était à Fontainebleau, une autre - sur les quatre reconnues par l'artiste - en main privée à Paris. Le grand portrait en robe de cour arrive à Vienne chez la mère de Marie-Antoinette, Marie-Thérèse d’Autriche en 1779, qui souhaitait un portrait de sa fille depuis qu’elle était devenue dauphine de France. Cependant, aucun portrait se convenait à cette dernière, qui s’afflige de ne voir aucun peintre réussir à capter sa physionomie, même après être devenue souveraine. Enfin en 1778, la portraitiste Louise-Elisabeth Vigée-Le Brun donne satisfaction : le portrait satisfait à la fois les conventions et la ressemblance, avec un teint pourpre très réaliste. Vigée-Le Brun raconte dans ses Souvenirs combien la physionomie de la Reine n’est pas simple à saisir, car ses traits sont irréguliers, l’ovale du visage très long, propre aux Habsbourg, et qu’il lui a fallu saisir les plus infimes détails pour rendre l’éclat de son teint et son regard spirituel.

Cette version est n’est pas une copie autographe, ce qui aurait pu être le cas puisque la peintre recense dans ses Souvenirs toute une série de copies exécutées en 1779 : « - Grand portrait de la reine pour l'impératrice de Russie - Bustes de la reine Marie-Antoinette - Copies des mêmes (...) - Copies de bustes de la reine Marie-Antoinette (...) - Portrait de la reine pour M. de Sartines (...) - Copies du grand portrait de la reine Marie-Antoinette pour M. et Mme de Vergenne ». La version d’Aulteribe a peu de chance de faire partie de ces copies car l’aigrette centrale manque et on imagine mal la peintre oublier un tel détail dans ses copies d’un premier portrait de la reine. Il s’agirait davantage d’une copie de copie, qui sont relativement rares, étonnamment, sur le marché de l’art. Mais dans le portrait d’Aulteribe, outre le fait que l’aigrette manque, le rendu des étoffes est bien plus sommaire. Quant au teint, il est rendu de manière bien moins subtile que dans la version du château de Breteuil : on n’y retrouve pas le contraste entre l’éclat de la peau et les rougeurs marquées des joues ainsi que de l’extrémité du nez.

Après avoir livré en 1778 le premier grand portrait officiel de Marie Antoinette, Madame Vigée-Le Brun est régulièrement sollicitée pour fixer les traits de la souveraine. En 1783, grâce à l’intervention de la souveraine, Mme Vigée-Le Brun est reçue à l’Académie royale de peinture et de sculpture avec, pour morceau de réception, un tableau à sujet allégorique, et non un portrait : La Paix ramenant l’Abondance. Le directeur de l’institution, le peintre Jean-Baptiste Marie Pierre, s’était fortement opposé à la candidature de la nouvelle venue. Selon les règles de l’institution, la profession de marchand d’art de son époux était incompatible avec l’entrée à l’Académie. En obtenant l’une des cinq places ouvertes aux candidatures féminines, la portraitiste accède à la consécration et travaille pour les cours européennes.

Ses portraits, où elle excelle à rendre l’éclat et les subtilités de chairs, se vendent chers et attire une clientèle d’aristocrates grâce à laquelle est pourra vivre tout au long de son exil, ayant quitté la France dès le début des événements révolutionnaires. Elle parcourt alors les capitales européennes (Rome, Vienne, Londres puis Saint-Pétersbourg) et exécute nombre de portraits de la haute aristocratie. Elle ne rentrera à Paris qu’en 1800 lorsqu’elle sera rayée de la liste des immigrés.

 

D’après Louise-Elisabeth Vigée Le Brun (1755-1842), Marie-Antoinette de Lorraine-Habsbourg, archiduchesse d’Autriche, reine de France (1755-1795), 1783. Huile sur toile, 223 x 158 cm. Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon © Château de Versailles, Dist. RMN-Grand Palais / Christophe Fouin

 

D’après Louise-Elisabeth Vigée Le Brun (1755-1842), Marie-Antoinette de Lorraine-Habsbourg, archiduchesse d’Autriche, reine de France (1755-1795), détail. Huile sur toile, 223 x 158 cm. Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon © Château de Versailles, Dist. RMN-Grand Palais / Christophe Fouin

Louise-Elisabeth Vigée Le Brun (1755-1842), Marie-Antoinette de Lorraine-Habsbourg, archiduchesse d’Autriche, reine de France (1755-1795). Huile sur toile, 273 × 193 cm. Vienne, Kunsthistorisches Museum © Kunsthistorisches Museum

 

Louise-Elisabeth Vigée Le Brun (1755-1842), Marie-Antoinette de Lorraine-Habsbourg, archiduchesse d’Autriche, reine de France (1755-1795) en buste. Huile sur toile. Breteuil, château de Breteuil © Wikipedia

 

En collection privée, et exposée en 2011, au Japon, à l'occasion de l'exposition "Créer au féminin. Femmes artistes du siècle de Madame Vigée Le Brun".

Œuvre à la loupe

 

 

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