Portrait de Suzanne de La Reynière

Ce portrait au pastel est-il de Jean Valade ou de Maurice Quentin de la Tour ?

Anonyme français du XVIIIe siècle, Portrait de Suzanne de La Reynière (1736-1815). Pastel sur carton, 60 x 50 cm avec cadre © Reproduction Philippe Berthé / CMN

Documentation

Gustave Desnoiresterres, Grimod de La Reynière et son groupe : d'après des documents entièrement inédits, Paris, 1877.

Œuvres en rapport

Suzanne de Jarente de la Reynière (1736-1815) est une ancêtre de Caroline Costaz-Onslow. Sa mère, Marguerite Alexandrine d’Ourches (née en 1783) s’est mariée au Baron d’Empire Costaz (1767-1842) et c’est à sa grand-mère Maximilienne Félicité de Baudot de Sainenneville, comtesse d’Ourches, que ce portrait se rattache. La comtesse d’Ourches a eu l'honneur d'être présentée à Leurs Majestés et à la Famille Royale par la Marquise de Beausset. Son contrat de mariage est aussi signé par leurs majestés et la famille royale. Pendant la Terreur la comtesse d’Ourches demeure au 8 rue des Champs-Élysées en 1794, puis est arrêtée avec sa tante, Suzanne de Jarente qui l'héberge. Ce portrait témoigne ainsi des liens familiaux de la grand-mère de Caroline Costaz-Onslow avec Suzanne de Jarente.

Cette dernière s’est mariée en 1758 au financier Laurent Grimod de La Reynière (1734-1793), fermier général de 1754 à 1780. Suzanne de Jarente permet à Laurent Grimod de La Reynière de s’élever dans la société : elle est aristocrate, fille du marquis d’Orgeval et nièce de Louis Sextius Jarente de La Bruyère, évêque d'Orléans. La comtesse de Genlis la décrit ainsi dans ses Mémoires : « C’était une personne […] très vaporeuse, très fâchée de n’être pas mariée à la cour, mais belle, obligeante, polie, se plaignant toujours de sa santé, mais aussi ne se plaignant jamais de personne […] je m'aperçus que presque toutes les dames de la cour […] étaient, au fond de l'âme, jalouses de la beauté de madame de La Reynière, de l'extrême magnificence de sa maison et de la riche élégance de sa toilette » (cité par Gustave Desnoiresterres, Grimod de La Reynière et son groupe, Paris, 1877, p. 10-11). Sa grande beauté est immortalisée par Jean-Baptiste Nini (1717–1786), qui en fait un portrait de profil, en terre et en bronze, que l’on retrouve dans de nombreuses collections publiques et privées.

 

Jean-Baptiste Nini (1717–1786), Suzanne-Elizabeth-Françoise Jarente de La Reynière, 1769. Moulage en terre de Chaumont, 15.9 cm de diamètre. New York, Metropolitan museum of art © Metropolitan museum of art

Le portrait au pastel conservé à Aulteribe, d’une grande qualité, est ainsi une œuvre rare dont il reste à trouver l’auteur. Le nom de Jean Valade (1709-1787) a été avancé pour ce portrait, l’artiste poitevin ayant connu une carrière parisienne remarquable. Son agrément en 1750, puis son admission à l’Académie royale de peinture et de sculpture quatre ans plus tard, témoignent de sa parfaite intégration dans le milieu des artistes parisiens. Par ailleurs, un membre de sa belle-famille, Antoine Gaspard Grimod de La Reynière (1690-1756), s’étant fait portraiturer par Maurice Quentin de La Tour (1704-1788), le nom de ce dernier peut également être avancé.

 

Valade Jean (1709-1787), Portrait de Mme Théodore Lacroix, née Anne-Marie Allotte de Chancelay (1736 -1820) avec sa fille Suzanne-Félicité (1760- ), 1775. Pastel sur carton, 64 x 54 cm (Paris, musée du Louvre, D.A.G.)

Maurice Quentin de La Tour (1704-1788), Antoine Gaspard Grimod de La Reynière (1690-1756), 1751. Pastel sur carton, 80 x 74 cm. (Saint-Quentin, musée Antoine Lécuyer)

Œuvre à la loupe

 

 

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