Portrait de George Onslow

Portrait de George Onslow par Pierre-Roch Vigneron

Attribué à Pierre-Roch Vigneron (1789-1872), Portrait de Georges Onslow, vers 1806-1814. Huile sur toile, 26 x 20,5 cm © Centre des monuments nationaux/Philippe Berthé

Documentation

Jam Baudime, George Onslow & l'Auvergne, Les Éditions du Mélophile, Nîmes, juillet 2011.
Jam Baudime. George Onslow. Les Éditions du Mélophile, Clermont-Ferrand, septembre 2003.
Niaux Viviane, George Onslow, gentleman compositeur, Presses universitaires Blaise-Pascal, Maison de la Recherche, septembre 2003.
Henri Beraldi, Les Graveurs du XIXe siècle : guide de l'amateur d'estampes modernes, Paris, L. Conquet, 1888, tome 7, p. 232-238.
Teillard Cirice, George Onslow, l'homme et le musicien, Tequi, Paris, 1889.
Collectif, sous la dir. de V. Niaux, George Onslow : un « romantique » entre France et Allemagne, Symétrie, Lyon, 2010.

Œuvres en rapport

George Onslow (1784-1853) est un compositeur de musique très reconnu de son vivant, qui s’est essentiellement consacré à la musique de chambre pour cordes. Issu d’une ancienne famille aristocrate anglaise, dont plusieurs membres jouèrent un rôle important dans la vie politique britannique, son père, Edward, s’est installé à Clermont-Ferrand en 1781 à la suite d’un scandale révélant son homosexualité. Parti en Auvergne, les Onslow mènent une vie paisible jusqu’à la Révolution. Edward est emprisonné en 1793 en raison de sa nationalité, et en dépit de sa connivence avec Couthon dont il était frère en maçonnerie. Il part en exil en 1797, accompagné de son fils aîné, George.

C’est pour cette raison que George étudie le piano auprès de plusieurs maîtres à Londres entre 1798 et 1806 et décide de devenir compositeur à 22 ans. Il devient rapidement un compositeur incontournable de la vie musicale de la première moitié du XIXe siècle : les plus grands interprètes l’inscrivent à leur répertoire et son nom côtoie ceux de Mozart, Haydn et Beethoven. Il est le seul en France, à se consacrer à la musique de chambre et devient membre des sociétés philharmoniques de Londres, Rome, Berlin et Copenhague. Sa carrière est couronnée en 1842 lorsqu’il succède à Cherubini à l’Académie des Beaux-arts.

George Onslow se marie en juillet 1808, avec Charlotte-Françoise-Delphine de Fontanges (1790-1879). Le couple a trois enfants : Louis-Arthur, Georgine et Henriette. Sa fille Henriette Onslow (1814-1883) épouse Joseph de Pierre (1808-1885), propriétaire du château d’Aulteribe. C’est pour cette raison que le château conserve une partie des meubles et objets ayant appartenu à George Onslow, dont son piano Pleyel.

Il existe d’autres portraits du musicien dans sa jeunesse, datés des années 1830, où il apparaît plus âgé que dans le tableau d’Aulteribe. Il s’agit d’une estampe d’Henri Grévedon et d’une autre de Pierre-Roch Vigneron, toutes deux conservées au château. Les deux artistes sont aussi des portraitistes pratiquant le dessin et la peinture, voire la miniature. Les hypothèses d’attribution pourraient ainsi se tourner vers eux. La facture du tableau d’Aulteribe est de très belle qualité, et le compositeur semble avoir au maximum trente ans. Il semble peu probable que le portrait ait été exécuté à Londres, avant ses 22 ans. Le portrait peut ainsi être daté entre 1806 et 1814.

Le nom d’Henri Grevedon peut légitimement être évoqué au regard du très bel autoportrait de 1795, notamment dans le fin traitement de la chevelure. Le peintre, formé dans l'atelier parisien de Jean-Baptiste Regnault est depuis 1806 à Saint Pétersbourg, puis séjourne à Stokholm et Londres en 1812 pour revenir à Paris en 1816. Il exécute alors de nombreux portraits peints ainsi que des miniatures, puis se spécialise dans l’art de la gravure, où il laisse de nombreux portraits de musiciens, d’actrices et de danseuses de son temps.

Pierre-Roch Vigneron ne peut cependant pas être écarté, dans la mesure où il exécute dans les années 1820 des portraits peints de très belle facture, comme celui du général Foy conservé au musée Carnavalet. L’examen attentif du traitement des yeux dans les deux portraits se révèle extrêmement convaincant quant à la technique utilisée. Par ailleurs, l’estampe qu’il livre de George Onslow en 1834 étant nettement plus proche de notre tableau (pose, costume, traits), il paraît raisonnable de rendre de portrait à Vigneron.

 

Henri Grévedon (1776-1860), Georges Onslow, 1830. Litographie, 26,5 x 21 cm. Paris, Bibliothèque nationale de France © BnF

 

Pierre-Roch Vigneron (1789-1872), George Onslow, 1834 (Paris, BnF) © BnF

 

Henri Grevedon (1776-1860), Autoportrait, 1795. Dessin à la pierre moire et au fusain, rehaussé de gouache blanche. 26 cm de diamètre. Hôtel des ventes de Boulogne-Billancourt, 17. 12. 2020

 

Pierre-Roch Vigneron (1789-1872), Portrait du général Foy (1775-1825), vers 1820. Huile sur toile, 43 x 35, 8 cm. Paris, musée Carnavalet © Paris musées

 

 

Œuvre à la loupe

 

MenuFermer le menu