Christ en croix d’après Van Dyck

D’après Antoon Van Dyck (1599-1641), Christ en Croix, XIXe siècle. Huile sur toile, 96 x 65 cm. Château d’Aulteribe © Alain Lonchampt/Centre des monuments nationaux

Description matérielle

Documentation

Emplacement initial de l’œuvre en 1952 © Centre des monuments nationaux

Œuvres en rapport

Cette célèbre représentation du Christ en croix par Antoon van Dyck, élaborée alors qu’il vivait en Italie, date probablement des années 1630, au retour d’Italie de l’artiste. De cette période datent ses plus beaux tableaux d’autel. Dans son Christ en croix, l’influence vénitienne est indéniable au regard de la lumière vibrante et dorée du corps du Christ.

Le succès du tableau repose sur son iconographie innovante, à la fois dramatique et élégiaque, qui a inspiré d’emblée de nombreuses peintres gravitant autour du cercle du maître flamand. L'élément iconographique le plus marquant est la centralité de la figure du Christ au sein de la composition. A la différence de la crucifixion conservée à Lille, van Dyck ne fait figurer aucun personnage autour du Christ, alors que la scène est habituellement complétée par la présence de Marie, Marie-Madeleine, Jean, des larrons ou de soldats… Ici le Christ est seul, et le sentiment de drame est accentué par une palette sombre, contrastant avec le corps doré du Christ, dont le visage exprime un abandon serein à la lumière divine. Le drap entourant ses hanches, souple et délié, fait écho à la figuration ondulée des muscles du corps, aux contours soulignés par une ligne rouge sang.

L’inspiration de l’œuvre s’inscrit dans le large contexte de la Contre-Réforme, mouvement par lequel l'Église catholique réagit au cours du XVIᵉ siècle face à la Réforme protestante. La Contre-Réforme s’attache tient notamment à favoriser le développement de représentations sensibles des épisodes de l’Evangile au sein des églises afin de stimuler la ferveur catholique. Alors que les premiers chrétiens ont évité de représenter le Christ en croix, le thème apparaît autour du IXe siècle. Mais au Moyen-âge, la figure du « Christ triomphant » (Christus triumphans) est privilégiée, tandis que le « Christ mort » (Christus patiens, résigné) se développe au sein de la peinture byzantine. Ce sont les primitifs italiens qui initient les représentations du Christ humanisé, souffrant le martyre (Christus dolens), thème central de la Contre-Réforme qui invite à concevoir des représentations plus pathétiques, comme c’est le cas avec le tableau de Van Dyck.

Le tableau a connu un très grand succès dès le XVIIe siècle et a été abondamment copié, soit strictement, soit avec des variations, comme en témoigne l’œuvre de Claes Nicolaes Cornelisz Moeyaert (v.1592-1655) passée en vente publique à Fribourg-en-Brisgau en 2019. Les versions les plus connues sont celles du Kunshistorisches Museum de Vienne, du Palazzo Reale de Gênes, ou celle du Museo di Capodimonte de Naples. La version d’Aulteribe est de dimension plus modeste que celle de Vienne, bien plus sombre, et au modelé peu travaillé, que ce soit dans la figure du Christ elle-même qu’au niveau du drapé. C’est ce qui fait dire à David Mandrela que cette copie date probablement du XIXe siècle.

L’œuvre originale est conservée au Kunsthistorisches Museum de Vienne

 

Antoon Van Dyck (1599-1641), Christ en Croix, 1628/1630. Huile sur toile, 133 × 101 cm. Vienne, Kunsthistorisches Museum Wien, Gemäldegalerie ©KHM-Museumsverband

 

Antoon Van Dyck (1599-1641), Christ en croix. Huile sur toile. Naples, musée de Capodimonte © Wikipedia

 

Antoon Van Dyck (1599-1641), Christ en Croix, 1628/1630. Huile sur toile, 400 × 251 cm. Lille, musée des beaux-arts © Musée des beaux-arts de Lille.

 

Claes Nicolaes Cornelisz Moeyaert (v.1592-1655), Christ en croix, 1629. Huile sur toile, 86 x 53 cm. Vente Peege Frank, Fribourg-en-Brisgau, 13.04.2019 © Artprice

Œuvre à la loupe

 

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