Un tableau de dévotion par de Baellieur

Laissez venir à moi les petits enfants de Cornelis de Baellieur

Attribué à Cornelis de Baellieur (1607-1671), Laissez venir à moi les petits enfants. Huile sur bois, 53 x 75 cm. Château d’Aulteribe. © Philippe Berthé/Centre des Monuments nationaux.

Description matérielle

Œuvre parquetée.

Revers du tableau.

Œuvres en rapport

Le nom de Frans Francken II a été avancé pour ce tableau, et cette attribution peut être appuyée par un certain nombre d’éléments rappelant la manière du maître : multiplication des détails pittoresques (petit chien, ouverture sur le paysage…), nombreux personnages, drapés chatoyants etc. Néanmoins le traitement des expressions et des visages semble éloigné de la manière de Francken. Cela se ressent notamment dans la forme des visages avec des fronts courts, là où ceux de Francken sont très allongés en hauteur et où l’organisation des visages est très précieuse – toute petite bouche, petits yeux etc. pour ceux féminins alors que ce n’est pas le cas dans l’œuvre d’Aulteribe.

Frans Francken le Jeune, parfois aussi appelé Frans Francken II (ou francisé en François Francken le Jeune) est né en 1581 à Anvers où il meurt le 6 mai 1642. Issu de la grande dynastie des Francken, dont il est le membre le plus renommé, il se forme auprès de son père Frans I Francken avant de devenir maître de la guilde de saint Luc anversoise en 1605. S’il peint aussi des retables, il est principalement connu pour sa production de petits tableaux à destination des cabinets d’amateurs, représentant des scènes religieuses, historiques, mythologiques ou allégoriques, production à laquelle l’œuvre du château d’Aulteribe appartient.

Il faut sans doute aussi penser à un autre peintre, membre de l’entourage de Francken, comme possible auteur de ce tableau. Le nom le plus crédible à avancer est sans doute celui de Cornelis de Baellieur tant les similitudes – formes des visages, manière de traiter les drapés, palette utilisée – sont nombreuses entre les œuvres qui lui sont attribuées et le tableau d’Aulteribe. Ce peintre anversois (1607-1671) est l’un des plus proches collaborateurs de Frans II Francken. Son art est très influencé par celui de Francken tout en s’en distinguant notamment au niveau du traitement des visages, moins précieux. Malheureusement éclipsé par son illustre collègue, les connaissances sont rares sur sa vie et son œuvre.

Quant au sujet représenté, mettant en avant la relation du Christ aux enfants, il est particulièrement en vogue au XVIIe siècle, où la spiritualité française est dominée par l’attachement au mystère de l’Incarnation, principalement sous l’impulsion du Carmel et de l’Oratoire. La dévotion à l’Enfant Jésus connaît alors un essor sans précédent, qui trouve un champ d’expression privilégié dans la figuration de la Vierge à l’Enfant, de la Sainte Famille, mais aussi de ce type de scène. Ces peintures à sujet religieux de moyen et petit formats sont réservées à la dévotion des particuliers. L’aristocratie et la bourgeoisie passent commande de ces images pieuses qui ornent en général des espaces privés ou des oratoires. Leur fonction est dévotionnelle, loin des grandes œuvres décoratives.

 

Frans Francken II (1581-1642), Le Christ et la femme adultère. Huile sur cuivre, Cherbourg, Musée des Beaux-Arts-Thomas Henry. © Wikipedia.

 

Frans Francken II (1581-1642), L’adoration des mages, 1612-1615. Huile sur bois, 57,5 x 89,6 cm. Varsovie, National Museum. © Wikipedia.

 

Cornelis de Baellieur (1607-1671), Vierge à l’enfant. Huile sur cuivre, 55 x 44 cm, coll. privée. © Wikipedia.

 

Cornelis de Baellieur (1607-1671), Les noces de Cana. Huile sur bois, 51 x 67 cm. Munich, Hampel Kunstauktionen, 04.07.2008. © Wikipedia.

Œuvre à la loupe

 

 

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