Bernardo Keil, Bambochade de musiciens

Bernardo Keil (1624-1687), Bambochade de musiciens, après 1656. Huile sur toile, 118 x 168 cm. Château d’Aulteribe © Alain Lonchampt / Centre des monuments nationaux

Documentation

M. Heimbürger, Bernardo Keilhau detto Monsù Bernardo, Rome, Ugo Bozzi, 1988.

C. Philippon, « L’Influence de la peinture hollandaise et des bambochades sur le védutisme vénitien », Dossier de l’Art, n° 179,‎ novembre 2010, p. 30-31.

Campagne photographique de 1948 © Centre des monuments nationaux

Œuvres en rapport

Bernhard Keil, connu aussi sous les noms d’Eberhart Keilhau ou de Monsù Bernardo, est né en 1624 à Elseneur, dans l’actuel Danemark, et meurt à Rome en 1687. Après un premier apprentissage à Copenhague, auprès de Morten van Steenwinkel, il part pour Amsterdam en 1642 et rejoint l’atelier de Rembrandt. Peintre indépendant dès 1649, il quitte les Provinces-Unies pour s’installer en Italie en 1651. Il séjourne à Venise où il rencontre un mécène, Giovanni Carlo Savorgnan, puis à Bergame où il accompagne ce dernier, à Milan, Ravenne, Forli et enfin à Rome où il s’installe de 1656 à sa mort.

L’œuvre du château d’Aulteribe peut être datée de cette dernière période puisque c’est à Rome qu’il se met à peindre des bambochades, terme qui désigne les tableaux de genre mis à la mode à Rome dans le second quart du XVIIe siècle par le Hollandais Pieter van Laer, auquel sa petite taille et son aspect physique avaient valu le surnom de Bamboccio (le petit homme, la poupée). Ces scènes de genre représentant la vie quotidienne des plus modestes, de manière burlesque, qu’il s’agisse de scènes de marchés, de rue, de brigandages, ou de cabaret. Les peintres s’adonnant à ce genre sont désignés comme Bamboccianti et sont actifs à Rome depuis les années 1625 jusqu’à la fin du XVIIe siècle. Ils essaiment en Europe avec notamment Jacques Callot, les frères Le Nain, David Teniers, Adriaen van Ostade, Adrien Brauwer, Jan Miel, Johannes Lingelbach, Dirk Helmbreker et même Sébastien Bourdon qui, avant de devenir peintre d'histoire, importe les bambochades à Paris où ce genre était alors inconnu. La bambochade est un genre à part entière, reconnue comme tel par l’Académie royale de peinture dès sa création, en 1648. Le genre peut être très coloré, avec une vivacité figurative ainsi que des effets animés de lumière et de couleur.

Ici, quatre personnages, deux musiciens et deux mendiants, sont représentés, ces derniers semblant quémander aux musiciens de l’argent. La touche est caractéristique de l’art de Keil avec de vastes aplats de peinture, sur le modèle de Rembrandt, ce qui donne un aspect rugueux à la peinture, ainsi que par les très nombreux effets d’ombres qui émaillent aussi bien les visages et les drapés que le décor. Il existe une deuxième version de ce tableau se différenciant par l’âge plus avancé du guitariste qui a été exposée par la galerie Schlichte Bergen d’Amsterdam à l’European Fine Art Fair de Maastricht en 1993.

 

Bernardo Keil (1624-1687), Bacchanale d’enfants, Huile sur toile, 72 x 96 cm. Madrid, musée du Prado © Musée du Prado

 

Bernardo Keil (1624-1687), Jeune garçon vendant du bois, Huile sur toile, 95,5 X 133 cm. Boston, Museum of Fine Arts © Wikipédia

 

Bernardo Keil (1624-1687), La boutique de broderie, huile sur toile, 153 x 186 cm. Dublin, National Gallery of Ireland. © Wikipedia

 

Bernardo Keil (1624-1687), The Concert. Huile sur toile, 112 x 138 cm, localisation inconnue © Schlichte Bergen

Œuvre à la loupe

 

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