Un Ecce homo de l’entourage de Léonard

Giovanni Pietro Rizzi Pedrini dit Giampietrino (d’après), Ecce homo, huile sur bois, 63,5 x 46,5 cm © Philippe Berthé/Centre des Monuments nationaux.

Description matérielle

Huile sur panneau de bois ; agrandissement par la pose de baguettes sur les quatre côtés du panneau.

Documentation

L’œuvre fait l’objet d’une notice dans la base AGORHA de l’Institut national d’histoire de l’art où elle est identifiée comme « attribué à anonyme lombard ». AGORHA : Bases de données de l'Institut national d'histoire de l'art (INHA).

Cristana Geddo, « La Madonna di Castel Vitoni del Giampietrino », Achademia Leonardi Vinci, vol. VII, 1994, p. 57-67.

Œuvres en rapport

Le panneau d’Aulteribe est à mettre en lien avec l’essor de l’iconographie de l’ecce homo parmi les peintres « léonardesques » de l’école lombarde, entre la toute fin du XVe siècle et le début du XVIe siècle. Il se rattache à cette production par le cadrage à mi-corps, ainsi que par le traitement mélancolique du visage du Christ, et l’utilisation du clair-obscur.

L’œuvre peut ainsi être rapprochée des tableaux d’Andrea Solario sur ce thème et notamment de la version conservée au musée Poldi Pezzoli de Milan datée des alentours de 1505. Il est également possible de citer la version du Philadelphia Museum of Art datée elle des alentours de 1509.

Néanmoins, le panneau d’Aulteribe diffère des autres œuvres de Solario, car ses représentations du Christ sont systématiquement debout. Le tableau eut davantage être rapproché d’un panneau vendu en 2014 chez Sotheby’s New York attribué à Giovanni Pietro Rizzi Pedrini dit Giampietrino ((#220) Giovanni Pietro Rizzi Pedrini called Giampetrino (sothebys.com). Les deux œuvres présentent une composition très similaire, et position du Christ identique, assis sur un fauteuil en bois qui présente les mêmes volutes. Celui-ci est d’ailleurs coupé par le bord du panneau dans la version d’Aulteribe. L’organisation des drapés est similaire, mais dans la version de Sotheby’s on note une différence dans couleurs du manteau, qui fait apparaître clairement la présence de deux tissus. Enfin, la version d’Aulteribe possède un décor constitué d’un mur ouvert par une fenêtre à la droite du Christ qui n’apparait pas dans la version de Sotheby’s. Si les deux versions sont assez abimées, celle de Sotheby’s paraît être de meilleure facture, et pourrait ainsi constituer la version originale de Giampietrino. La version d’Aulteribe serait donc, de ce fait, une copie d’après cette composition. Une autre copie d’après la version de Giampietrino mais inversée est conservée au musée Magnin de Dijon.

Selon Federico Zeri, les accents de lumière, notamment présents au niveau des cheveux, seraient caractéristiques de plusieurs peintures copiant les inventions de Giampietrino. Cela fait naître l’idée d’un membre de son atelier, aujourd’hui non identifié, qui serait l’auteur du tableau du musée Magnin, d’une Madeleine pénitente conservée au Walters Art Museum de Baltimore, d’une Sainte Catherine de la collection Malvezzi Campeggi à Rome et enfin d’une Madeleine avec un ange de la collection Raimond van Marle à Péruse. Cristana Geddo, grande spécialiste de Giampietrino, indique, elle, discerner dans ce corpus (qu’elle a élargi) deux artistes distincts (un assez proche du maitre ; et un autre caractérisé par le caractère grotesque de ses figures féminines) qu’elle nomme Pseudogiampietrino A et Pseudogiampietrino B.

Il semble possible d’inclure au corpus définit par Federico Zeri, un tableau représentant le Suicide de Cléopâtre, adapté de la composition autographe conservée au musée du Louvre, conservée au musée Antoine Lécuyer à Saint Quentin. C’est le cas également pour une Venus au miroir passée en vente le 13 décembre 1989 à Milan chez Finarte. Cette deuxième œuvre a d’ailleurs déjà été évoquée par C. Geddo comme œuvre du Pseudogiampietrino A, avec l’œuvre du musée Magnin notamment. En suivant cela, nous proposons d’attribuer l’œuvre du château d’Aulteribe à ce peintre bien qu’une restauration du tableau soit nécessaire pour affirmer clairement cette attribution.

 

Andrea Solario, Ecce homo, v. 1509, huile sur toile, 64,5 x 44, 7, Philadelphia, Philadelphia Museum of Art, 1660. © Philadelphia Museum of Art

 

Andrea Solario, Ecce homo, vers 1505-1506, huile sur bois, 43 x 33 cm, Milan, Musée Poldi Pezzoli. © Wikipédia

 

Giovanni Pietro Rizzoli dit Giampietrino, Ecce homo, huile sur bois, vente Sotheby’s New York du 30 janvier 2014, lot 220. © Christies.

 

Giovanni Pietro Rizzoli dit Giampietrino (d’après), Le Christ au roseau, huile sur bois, 65 x 48, 5 cm, Dijon, Musée Magnin. © RMN.

 

Atelier Lombard ou Giovanni Pietro Rizzoli dit Giampietrino (att. à), Cléopâtre se donnant la mort, première moitié du XVIe siècle, huile sur bois, 65 x 48,5 cm, Saint Quentin, musée Antoine Lécuyer. © musée Antoine Lécuyer.

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