Portrait de Louis-Antoine de Bourbon-Condé duc d’Enghien, par Moreau le jeune

Moreau le jeune (1741-1814), Portrait du duc d'Enghien (1772-1804), 1788. Huile sur toile, 47 x 39, 6 cm. Château d’Aulteribe © Centre des monuments nationaux.

Documentation

Le tableau appartenait à Caroline Costaz

Neil Jeffares, Dictionary of pastellists before 1800 [édition en ligne], entrée Moreau et Boze.

Nathalie Lemoine-Bouchard, Les peintres en miniature actifs en France, 1650-1850, Editions de l’Amateur, Paris, 2008.

 

Photographie de l’hôtel particulier de Caroline Costaz à Fontainebleau © Centre des monuments nationaux

 

Campagne photographique de 1952 © Centre des monuments nationaux.

Œuvres en rapport

Louis Antoine Henri de Bourbon est le dernier descendant du Grand Condé, prince du sang. Il est passé à la postérité pour avoir été assassiné en 1804, sur ordre du premier Consul Napoléon Bonaparte, dans les fossés du château de Vincennes, exécution qui terrorise l’opposition royaliste. Les portraits de sa jeunesse, conservés dans les collections publiques à Versailles ou à Chantilly, sont bien répertoriés et celui du château d’Aulteribe est exécuté alors qu’il est âgé de seize ans. En dépit de sa position de martyr royaliste, peu de copies de ces portraits ont été découverts sur le marché de l’art. L’estampe a pris le relai pour s’affliger sur la mort du jeune duc. Le très rare portrait d’Aulteribe a sans doute été acquis en même temps que d’autres reliques royales présentes au château, notamment le dessin attribué à Mme Elisabeth qu’elle aurait dessiné à la prison du Temple pendant la captivité de la famille royale.

Jean-Michel Moreau, dit Moreau le Jeune (1741-1814) afin de le distinguer de son frère aîné Louis-Gabriel, est un dessinateur et graveur - sans doute l’un des plus grands illustrateurs du XVIIIe siècle français - dont l’œuvre dépasse les deux mille pièces. Élève du peintre Louis Joseph Le Lorrain (1715-1759), il le suit lorsqu’il devient le premier directeur des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg (1758), et y enseigne brièvement le dessin. Après le décès de Le Lorrain, il revient à Paris et suit les leçons du graveur Jacques-Philippe Le Bas. Il devient rapidement un dessinateur de renom auquel font appel tous les éditeurs de luxe. Dans les années 1760, il dessine notamment pour l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert et illustre quantité d’ouvrages classiques. Il succède enfin en 1770 à Charles-Nicolas Cochin comme dessinateur des menus plaisirs du roi, puis en 1781, accède au poste de Dessinateur et graveur du Cabinet du Roi. Favorable aux idées révolutionnaires, il devient membre de la commission temporaire des arts dès 1793 et exécute de nombreux portraits de députés, dont un très rare portrait dessiné de Robespierre.

Si ses dessins sont bien connus, son activité en tant que peintre de portraits est peu documentée et a priori très rare. Neil Jeffares note que quelques portraits au pastel, grandeur nature, sont conservés au musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg. A son retour à Paris, Jean-Michel Moreau expose place Dauphine des œuvres peintes en 1760 et 1761, aux côtés d’artistes femmes qui ne peuvent entrer à l’Académie (Exposition de la place Dauphine, L’Avant-Coureur, 16.VI.1760, p. 347). Le tableau d’Aulteribe porte la date de 1788, alors que l’artiste est seulement agréé à l’Académie royale de peinture et de sculpture, et ne sera reçu qu’en 1789. C’est alors qu’il est choisi pour représenter le duc d’Enghien, l’année où ce dernier est fait Chevalier des ordres du Roi. Certes, Moreau expose au Salon depuis quelques années des portraits dessinés, comme celui du docteur Joseph-Ignace Guillotin, alors médecin du comte de Provence. L’artiste semble ainsi disposer d’un réseau qui lui permet sans doute d’être recommandé à Louis-Antoine de Bourbon-Condé, peut-être également en raison des portraits et vignettes qu’il grave pour l’Histoire de la Maison de Bourbon par Désormeaux.

Une année plus tard, en 1789, le duc rejoint l’Armée des émigrés qui se forme outre-Rhin sous le commandement de son grand-père, le prince de Condé et de son père, le duc de Bourbon. Le portrait au pastel exécuté par Joseph Boze (1745-1826) date probablement de cette période, puisque le pastelliste, qui avait pu portraiturer le roi, ne quitte pas Paris.

Morwena Joly

 

Schilly (XVIIIe siècle), Louis-Antoine-Henri de Bourbon-Condé, duc d'Enghien (1772-1804), enfant. Huile sur toile, 55,5 x 46,5 cm. Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon © RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Gérard Blot

 

Jean Michel Moreau, le Jeune (1741-1814), Portrait de Maximilien de Robespierre (1758-1794). Dessin aquarellé. Versailles, musée Lambinet © RMN-Grand Palais / Agence Bulloz

 

Joseph Boze (1745-1826), Portrait de S.A.R. Antoine-Henri de Bourbon, duc d'Enghien. Pastel, 59 x 49 cm. Vente Pescheteau-Badin-Godeau & Leroy, Paris, le 13.12.1996 © Artprice

 

Portraits d'Henri IV, de Marie Antoinette, de Louis XVI, de Madame Elisabeth, du duc de Berri, du duc d'Enghien et de Louis XVII placés dans des médaillons fixés à un autel surmonté d'une croix. Paris, Bibliothèque nationale de France © BnF

Œuvre à la loupe

 

 

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