Le Brelan

D’après Jacques Callot, Le Brelan

Jacques Callot (1592-1635) (d’après), Le brelan ou Les Joueurs de Cartes et L'Enfant Prodigue Trompé par une Troupe de Filous, XVIIe siècle, huile sur toile, 50,5 x 72,5 cm. Château d’Aulteribe © Centre des Monuments nationaux. 

Documentation

Jacques Callot (1592-1635), [Nancy, musée historique lorrain, 13 juin-14 septembre 1992], cat. exp. sous la dir. de Paulette Choné, Paris, 1992, n°362. 

Œuvres en rapport

Jacques Callot (1592-1635) est l’un des plus grands graveurs français du XVIIe siècle. Après un premier apprentissage auprès de Demenge Croq, orfèvre du duc de Lorraine, Callot part pour Rome en 1608-1609 où il entre dans l’atelier du graveur Philippe Thomassin. Il rejoint ensuite Florence avant de revenir en Lorraine en 1621 à la demande de Charles de Lorraine. Depuis cette date jusqu’à sa mort, Callot est l’un des graveurs les plus reconnus au nord des Alpes et travaille notamment pour Louis XIII, roi de France, ou Isabelle-Claire-Eugénie, gouvernante des Pays-Bas espagnols. 

Principalement connu pour sa série intitulée Les Grandes misères de la guerre, Jacques Callot est à l’origine de près d’un millier d’estampes sur des thèmes aussi divers que l’histoire religieuse, les paysages, les fêtes et foires, les scènes de tavernes, les caricatures… Sa manière se caractérise par l’attention aux détails et à la lisibilité de ses estampes, cette dernière étant permise par sa technique de la taille simple consistant à remplacer les traits entrecroisés, typique de la technique de l’eau-forte, par des traits parallèles.  

L’œuvre peinte du château d’Aulteribe est une adaptation d’une estampe exécutée par Jacques Callot vers 1628-1629. Il s’agit, avec Le Bénédicité, des deux seules nocturnes de Callot. L’artiste se souvient des scènes de bas-fonds caravagesques - style de peinture issu de l’art du Caravage - mettant en scène des buveurs dans des tavernes, des bohémiennes disant la bonne aventure ou encore des parties de cartes entachées de tricherie. Jacques Callot a pu être marqué par le Caravage lors de son séjour en Italie, mais Nancy, la ville où il habite, est également un foyer caravagesque important autour du peintre et graveur Jean Le Clerc notamment. Par ailleurs, l’estampe de Callot, et donc le tableau d’Aulteribe, peuvent être rapprochés du Tricheur à l’as de carreau peint par un autre artiste lorrain, Georges de la Tour, quelques années plus tard. 

Il est difficile de cerner précisément quelle œuvre a pu influencer Jacques Callot dans cette rare nocturne. Certains spécialistes ont mis en relation l’œuvre avec un tableau de Rutilio Manetti intitulé Joueur et musiciens à la lumière d’une chandelle (conservé à Sienne dans la collection Chigi Saracini) sans qu’il soit possible de préciser l’œuvre ayant influencé l’autre. David Mandrella a lui fait le lien entre la gravure et un tableau de Jean Leclerc, Le concert nocturne, conservé au château de Schleissheim à Munich. Enfin Jean Lieure, grand spécialiste de l’artiste, identifie dans les deux personnages centraux un autoportrait de Callot avec son épouse. 

Un très grand nombre de copies peintes de cette estampe de Callot existent. Il est ainsi possible de citer, outre la version d’Aulteribe, celle du musée des Beaux-Arts de Nantes, celle du musée de Brou, ou encore celle du musée des Beaux-Arts de Tours, toutes trois datées du XVIIe siècle. 

 

Jacques Callot (1592-1635), Le Brelan ou Les Joueurs de Cartes et L'Enfant Prodigue Trompé par une Troupe de Filous, vers 1628-1629, gravure, second état, 21,1 x 27,3 cm. New York, Metropolitan Museum © Metropolitan Museum.

 

Jacques Callot (1592-1635), Le Benedicite ou La Sainte Famille à table et saint Joseph faisant boire l'Enfant Jésus, vers 1628-1629, gravure, quatrième état, 19,3 x 17,3 cm. New York, Metropolitan Museum © Metropolitan Museum.

 

Georges de la Tour (1593-1652), Le Tricheur à l’as de carreau, vers 1635-1638. Huile sur toile, 106 x 146 cm. Paris, musée du Louvre © Wikipedia.

 

Rutilio Manetti (1571-1639), Joueurs et musiciens à la lumière d’une chandelle, huile sur toile, 120,5 x 179,5 cm. Sienne, Collection Chigi Saracini. © Wikipedia.

 

Jacques Callot (1592-1635) (d’après), Une Réunion galante avec soldats. Huile sur cuivre, 16,8 x 22,5 cm. Nantes, Musée d’arts. © Cécile Clos/Musée d'arts de Nantes.

 

Jean Le Clerc (1586 - 1633), La parabole du fils prodigue (ou Le Concert nocturne), v. 1621-1622. Huile sur toile, 137,2 x 170 cm. Munich, Château de Schleissheim © Wikipedia.

 

Jacques Callot (d’après), Le Brelan (Le Fils prodigue). Huile sur cuivre, 17,5 x 23 cm. Bourg-en-Bresse, musée de Brou. © Musée de Brou.

 

Jacques Callot (d’après), Le Brelan. Huile sur toile, 110 x 150 cm, Tours, Musée des Beaux-Arts © Musée des Beaux-Arts de Tours.  

Œuvre à la loupe

 

 

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