Une Allégorie de la Force et de la Tempérance par Jean-François de Troy

Allégorie de la Force et de la Tempérance
par Jean-François de Troy

Jean-François de Troy (1679-1752), Allégorie de la Force et de la Tempérance. Huile sur toile, 86 x 133 cm. © Centre des monuments nationaux

Documentation

Christophe Leribault, Alastair Laing, Jean-François de Troy, 1679-1752, Paris, Arthéna, 2002, p. 300-301.
Probablement acquis le 2 mai 1881 à la vente Gustave Mailand à l’hôtel Drouot (n° 31)

Œuvres en rapport

lssu d’une famille de peintres, le père de Jean-François de Troy est le portraitiste François de Troy (1645-1730), qui a été son premier professeur. Après avoir échoué à remporter le Prix de Rome, il rejoint son père en Italie de 1699 à 1706, puis est admis à l’Académie royale de peinture et de sculpture en 1708. En 1738, il est nommé directeur de l’Académie française à Rome et y réside le reste de sa vie.

Jean François de Troy a été considéré par ses contemporains comme l’un des peintres les plus importants de l’histoire française. Il se fait d’abord connaître par une riche clientèle de financiers, contrairement à son rival, François Lemoyne, qui travaille pour le roi. Son célèbre Déjeuner d'huîtres (1735, Musée Condé, Chantilly) a fait oublier que le peintre a davantage été un adepte du grand style qu’un peintre de genre. Peintre de la vie élégante, de Troy donne de son siècle et de sa patrie une image qui marquent les amateurs, de Frédéric II aux Goncourt.

Son œuvre compte nombre de grandes compositions historiques et allégoriques, ainsi que de nombreux portraits ou des scènes de genre ou galantes, marquant un changement important dans le répertoire de la peinture française à partir des premières décennies du XVIIIe siècle. Néanmoins il poursuit également la tradition de la peinture d’histoire et de scènes mythologiques, qui sont exécutées dans un style coloré et fluide, redevable à la fois Véronèse et Peter Paul Rubens. Un exemple caractéristique de son style est son allégorie du Temps dévoilant Vérité (1733, National Gallery, Londres). Si les allégories sont encore prisées en ce début du XVIIIe siècle, notamment pour leur aspect décoratif, elles sont progressivement moins goûtées, à la faveur des critiques de l’Abbé du Bos et de Denis Diderot, au nom de la vraisemblance, de la rationalisation et de la laïcisation de la pensée.

En dépit de l’inscription présente au revers du tableau d’Aulteribe, portant la mention « la justice et l’innocence », Christophe Leribault et Alastair Laing notent que si l’épée et le Lion caractérisent indéniablement la Force, l’attribut que porte l’autre figure serait plutôt le mors de la Tempérance. Le choix de ces deux vertus cardinales suggère l’existence d’un probable pendant qui représenterait la Prudence et la Justice. En effet, de nombreux pendants de de Troy ont disparu, ou sont inaccessibles aujourd’hui.

 

Troy Jean-François de (1679-1752), Le Déjeuner d’huîtres, 1735. Huile sur toile, 180 x 126 cm. Chantilly, musée Condé. © RMN-Grand Palais (domaine de Chantilly) / René-Gabriel Ojeda

 

Jean-François de Troy (1679-1752), Allégorie du Temps dévoilant la Vérité, 1733. Huile sur toile, 203 x 208 cm. Londres, National Gallery. © National Gallery

Œuvre à la loupe

 

 

 

MenuFermer le menu