Hubert Robert, Caprice architectural avec un pont sur un canal

Hubert Robert (1733-1808), Caprice avec un pont sur un canal, 1778. Huile sur toile, 62,5 x 80 cm, Château d’Aulteribe © Centre des Monuments nationaux.

État

Caprice avec port : rentoilage, deux anciens accidents en partie haute, signé daté angle inférieur senestre [H. ROBERT 1778].

Documentation

Hubert Robert, 1733-1808 : Un peintre visionnaire, [Paris, musée du Louvre, 9 mars-30 mai 2016], cat. exp. sous la dir. de Guillaume Faroult, Paris, 2016.

Œuvres en rapport

La deuxième toile d’Hubert Robert conservée au château d’Aulteribe est signée et datée de la main de l’artiste. Il s’agit encore une fois d’un caprice, cette fois-ci sans référence à un lieu reconnaissable, mais avec de nombreux motifs récurrents dans l’œuvre du peintre : les lavandières lavant leur linge, le pont triomphal, la vue sous l’arche, qui permet à l’artiste d’exploiter les jeux d’ombres et de lumière et d’offrir différents cadrages aux scènes représentées. Le musée Cognacq Jay conserve ainsi un tableau d’Hubert Robert, intitulé La Fontaine, qui se rattache à l’inspiration à l’œuvre dans cette œuvre, figurant un pont sous lequel une femme venant s’approvisionner en eau. La manière dont la scène de genre est cadrée par le pont, encerclant complètement le sujet et focalisant la vue du spectateur, est tout à fait spectaculaire.

Dans le tableau d’Aulteribe, le procédé est encore plus singulier, puisque cet effet d’encadrement est décentré vers la gauche, comme le ferait un projecteur sur une portion de scène. Le théâtre du cadrage rejoint ici celui de la lumière, qui d’attirer l’attention sur une « scène de rue » sur l’eau, avec gondoles et des passagers traversant d’une rive à l’autre. Nous sommes donc en présence d’une œuvre « mixte » dans son inspiration, entre le capriccio, c’est-à-dire une composition mettant en scène des personnages sur fond de ruines antiques imaginaires et la veduta, qui est une représentation réaliste de l’activité urbaine et du paysage. Le musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg conserve une toile de Robert qui se rattache à cette veine : on y voit des ruines architecturales formant deux ponts, qui enjambent un canal où se déploie l’activité urbaine. Un autre tableau passé en vente publique (Vente Sotheby’s, New York, 26. 05. 2016) peut également être comparé à l’œuvre d’Aulteribe.

 

Hubert Robert (1733-1808), Paysage avec un pont en pierre. Huile sur toile, 38,5 x 55,5 cm, Saint-Pétersbourg, musée de l’Ermitage. © Wikipedia.

 

Hubert Robert (1733-1808), Caprice architectural avec un canal, 1783. Huile sur toile, 129×182,5 cm. Saint-Pétersbourg, musée de l’Ermitage. © musée de l’Ermitage

 

Hubert Robert (1733-1808), Paysage avec un pont en pierre et personnages. Huile sur toile, 177,8 x 108,6 cm. Vente Sotheby’s, New York, 26. 05. 2016 © Sotheby’s

 

Hubert Robert (1733-1808), La Fontaine. Huile sur toile, 31,5 x 40 cm. Paris, musée Cognacq Jay © Paris musées

Œuvre à la loupe

 

 

 

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