Allégorie de la musique et de l’entente conjugale de Theodoor Van Thulden

Theodoor Van Thulden (1606-1669), Allégorie de la musique et de l'entente conjugale, 1646. Huile sur toile, 181 x 166 cm © Centre des monuments nationaux/David Bordes.

Documentation

Le peintre fait l’objet d’une fiche dans la base AGORHA de l’Institut national d’histoire de l’art.

L'œuvre est quant à elle documentée dans Le Siècle de Rubens dans les collections publiques françaises ; cat. exp. sous la direction de Jacques Foucart et Jean Lacambre, Galeries nationales du Grand Palais, 17 novembre 1977-13 mars 1978, éd. des Musées nationaux, 1977.

A. Roy, Theodoor van Thulden, Un peintre baroque du cercle de Rubens, cat. exp., Musées de la Ville de Strasbourg, Nordbrabants Museum à Bois-le-Duc/'s-Hertogenbosch, 1991/1992, n° 47 (p. 205-206)

Œuvres en rapport

Theodor van Thulden est l'un des peintres les plus actifs dans l'entourage de Rubens. Installé un temps à Anvers, il participe à la réalisation de grands cycles décoratifs pour Rubens. De retour en 1643 à Bois-le-Duc (qui appartient encore aux Pays-Bas espagnols jusqu'en 1629), il peint alors de nombreux tableaux allégoriques, mythologiques ou religieux et se rapproche davantage du style de Van Dyck. (A. ROY dans le catalogue de l'Exposition tenue au Grand Palais, en 1977-1978, op. cit., s.v. Thulden). Lorsque Van Thulden peint l'allégorie de l'amour couronnant la musique, en 1652, le peintre, alors âgé de quarante-six ans, est en pleine maturité. 

Le sujet, l'allégorie de l'Harmonie et du mariage, a été traité à plusieurs reprises. Une version postérieure se trouve à Bruxelles, conservée aux Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique. L'inscription, la signature et la date portées dans le bas à droite de la toile (T. van Thulden fecit. 1652). Le tableau de Bruxelles a été acquis en 1898, d’une collection privée, ce qui laisse à penser que le sujet devait être prisé à la fin du XIXe siècle. Il existe une autre version très semblable à celle de Bruxelles, sans signature, conservée au Musée central de Bois-le-Duc.

La version d'Aulteribe diffère sensiblement de celle de Bruxelles : des partitions et un élément décoratif figurant un cygne apparaissent dans le bord inférieur du tableau, à senestre. La jeune femme de la version de Bruxelles semble plus proche du canon rubénien, que celle d'Aulteribe. Les mains ont également évolué : elles présentent moins de détails dans la carnation dans la version d'Aulteribe, que dans la version de Bruxelles, vêtements et bijoux sont en revanche identiques, à l'exception du bas de la robe, où la fourrure ont été remplacées par des plumes : nous sommes bien dans un exercice de variation qui est aussi celui d'une réinterprétation stylistique du thème. Une torche apparaît dans les mains de l'Amour dans la seconde version, avec un traitement plus structuré de l'arrière-plan où s'esquisse un décor architectural. Dans la version d'Aulteribe, Van Thulden centre sa composition sur l'imposant théorbe, majestueux instrument polyphonique tendu de 19 cordes, incarnant la musique savante, dans cette version plus classique, avec une composition simple et frontale, harmonique dans ses couleurs et sa lumière, simplifiée dans les notations réalistes.

David Mandrella rappelle à propose de ce tableau que Hans Schneider, dans « Oud Holland » de 1928, est le premier à parler de la possibilité que la joueuse de Luth soit Maria van Balen, sa femme, elle-même fille de son premier maître. Sans que cette hypothèse soit certaine, l'idée qu'il s'agisse de l'épouse du peintre, est séduisante et s'accorde à l'inscription latine portée sur le tableau de Bruxelles : « De même que l'harmonie sonne dans le luth, de même l'harmonie couronne le mariage » (Quam bene concordi sona (?) / in testudine chorda / Tam bene concordi in / Coniuge corda sonant).

 

Theodoor Van Thulden (1606-1669), Allégorie de l'harmonie et de l’entente conjugale, 1652. Huile sur toile, 194 x 135 cm. (Bruxelles, Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique) © Morwena Joly

L’œuvre à la loupe

 

 

 

 

 

MenuFermer le menu