La collection de peintures du château d’Aulteribe

La collection de peintures du château d’Aulteribe est d’une très grande qualité pour une maison privée, mais il ne reste hélas que très peu de documents d’archives qui pourraient nous éclairer sur la manière dont elle s’est constituée….

Découvrez les peintures du château à travers des fiches dédiées sur notre site. 

Nous vous proposons de nous aider à percer les mystères de certaines œuvres de cette collection ! 

 

Le principe des éléments donnés à la réflexion des internautes : 

Un petit groupe d'experts, conservateurs de diverses institutions 1 ou d'historiens d'art 2 proposent, afin d'approfondir la connaissance de la collection, de réfléchir autour des éléments archivistiques, matériels ou simplement plastiques qui ont pu être rassemblés. Ces derniers permettent en particulier de formuler des hypothèses d'attribution pour les œuvres qui demeurent anonymes. Dans d’autres cas, les attributions sont plus certaines, mais tout nouvel élément pouvant enrichir la documentation est le bienvenu !

Par avance merci à tous ceux qui nous apporteront de nouveaux éléments permettant d'approfondir la réflexion autour de la collection !

Contact mail : morwena.joly-parvex@monuments-nationaux.fr

1 Morwena Joly-Parvex - Centre des monuments nationaux, Guillaume Kienzt -Kimbell Art Museum de Fort Worth, Raphaël Masson – Château de Versailles, Nathalie Volle – Institut national d’histoire de l’Art

2 Mathieu Da Vinha – Centre de recherche du Château de Versailles, Christine Labeille - Ancienne conservateur des Antiquités et Objets d'art du Puy-de-Dôme et de l'Allier, David Mandrella – enseignant à l’IESA

Prêts à nous aider dans l’attribution de certains tableaux en partie encore mystérieux pour nos experts ?
Cliquez sur les fiches pour découvrir les éléments que nous possédons sur les œuvres et nous aider à les compléter.
 

Fiche de peinture : Philippe de Champaigne  (Découvrez-la en cliquant sur le lien ou le visuel)

 

Un peu d'histoire

En croisant tous les éléments qui ont été rassemblés au cours de ses longues recherches sur la collection, Christine Labeille a pu constater l’implication de trois femmes qui ont épousé des marquis de Pierre au cours du XIXe siècle.

Après la Révolution, un inventaire dressé le 19 floréal an III (8 mai 1795) décrit une maison abandonnée depuis longtemps et menaçant ruine : peu meublée, la demeure ne présente pas non plus de collection notable de peinture.

Les biens de Jacques de Pierre, séquestrés depuis un décret le 25 pluviôse an II (13 février 1794), ont certes pu revenir au château par la suite, mais aucun document d’archive ne vient confirmer cette hypothèse. Cependant, il est à noter que les peintures religieuses présentes dans la collection ont probablement un rapport avec l’une des habitantes du château pendant la période révolutionnaire. La sœur de Jacques III de Pierre, Louise-Henriette de Pierre (1720-1798), religieuse à l’abbaye de Séauve, rentre dans sa famille en 1792 et meurt au château d’Aulteribe en 1798.

La collection de peinture s’est donc vraisemblablement constituée au fil des mariages des marquis successifs de Pierre. Balthazar Joseph de Pierre (1772-1855), le premier héritier après la Révolution n’a sans doute pas joué un grand rôle dans la collection : maire de Sermentizon de 1810 à 1831, il n’en fit pas sa résidence principale et préféra s’établir à Clermont-Ferrand, où il décède.

   

Fiche de peinture : Atelier de Hyacinthe Rigaud (Découvrez-la en cliquant sur le lien ou le visuel)

Atelier de Hyacinthe Rigaud (1659-1743), Monseigneur de Saint-Albin, vers 1723. Huile sur toile, 200 x 176 cm. © Centre des monuments nationaux/ photo Ph. Berthé  

Marie Pauline Henriette Onslow (1814-1883), épouse de Joseph de Pierre (1808-1885), doit retenir l’attention en raison de son ascendance dont il reste beaucoup de témoignages à Aulteribe.

Henriette Onslow est la fille du compositeur George Onslow (1784-1853), issu d’une famille de lords britanniques, lui-même époux de Delphine de Fontanges. Or Delphine de Fontanges compte dans sa famille une ancêtre célèbre, Marie Angélique de Scorailles, duchesse de Fontanges. Sa grande beauté lui valut d’être une favorite de Louis XIV.

C’est grâce à elle que les portraits de d’Angélique de Fontanges, mais aussi de Monseigneur de Fontanges, aumônier de Marie-Antoinette, se trouvent aujourd’hui au château. Cette filiation fait aussi supposer que tout ce qui concerne les reliques royales (dont un dessin supposé de madame Royale exécuté à la prison du Temple) et autre portrait supposé de Louis XVII proviennent de son héritage. Dans le même esprit, on peut également émettre l’hypothèse que les portraits de la famille royale ont été recherchés et collectionnés par elle, et plus généralement les peintures de l’école française.
    

Fiche de peinture : Theodoor Van Thulden (Découvrez-la en cliquant sur le lien ou le visuel)

Theodoor Van Thulden (1606-1669), Allégorie de la musique et de l’entente conjugale, 1646. Huile sur toile, 181 x 166 cm © Centre des monuments nationaux/David Bordes.

 

La suite de l'histoire

Sa belle-sœur, Caroline Costaz Onslow (née vers 1820), est l’autre femme a qui cette collection doit probablement beaucoup. Alors qu’en 1862 Henriette Onslow et son mari sont proches de la faillite, elle rachète le domaine et s’investit considérablement pour sa renaissance, d’autant que, sans enfants, elle est très proche de la famille et de Pierre son enfant unique, René.

Mais Aulteribe reste pour elle une résidence d’été. Elle voyage entre son hôtel particulier de Fontainebleau, où s’accumulent objets d’art et tableaux, et son domaine auvergnat. C’est elle qui achète en 1873 le célèbre portrait du Cardinal de Richelieu par Philippe de Champaigne.

Le père de Caroline Costaz, Louis Costaz (1767-1842) était baron de l’Empire et avait participé à l’expédition d’Egypte entreprise par Napoléon. Les archives du château conservent sa mémoire au travers de nombreux éléments, comme de splendides relevés de monuments égyptiens. La mère de Caroline, Marguerite Alexandrine (1783- ?), était quant à elle une descendante de la famille d’Ourches, une noblesse d’origine très ancienne, principalement au service des ducs de Lorraine, mais aussi très proche de la famille royale française au XVIIIe siècle, puisque l’acte de mariage des parents de Caroline Costaz Onslow a été célébré à Versailles en 1778 et signé par les souverains en personne.

Il est ainsi probable que la collection de portraits royaux ait été aussi importante pour elle que pour la belle sœur, Henriette Onslow. De manière plus anecdotique, la famille d’Ourches est parente de celle des Reynières, dont on trouve la présence dans la collection avec le portrait du célèbre gastronome Laurent Grimod de la Reynière.

Enfin, une troisième femme a sans doute marqué la collection : Antonia Smet de Naeyer (1874-1949), épouse en 1911 le dernier marquis de Pierre, Henry (1871-1954). Issue d'une riche famille d'industriels gantois du coton, c’est probablement par elle que la collection de peinture vient s’enrichir de nombreux tableaux de l’école du Nord. La Sainte Cécile de Van Thulden a été achetée de manière certaine par Antonia. 

 

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