Art & Architecture

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Louis Alexandre de Bourbon, comte de Toulouse par l’atelier de Hyacinthe Rigaud

Le dernier enfant naturel de Louis XIV devenu amiral de France à 5 ans.

Présentation de l'oeuvre

Atelier de Hyacinthe Rigaud (1659-1743), Louis Alexandre de Bourbon, comte de Toulouse, v. 1710. Huile sur toile, 113 x 97 cm. Château d’Aulteribe (Sermentizon)

© Philippe Berthé / Centre des monuments nationaux

 

 

Le comte de Toulouse, est le dernier des enfants naturels de Louis XIV, conçus avec sa favorite la marquise de Montespan. Il devient amiral de France dès l'âge de cinq ans. Il est l’un des plus importants personnages de la cour de Louis XIV puis de Louis XV : il est fait comte de Toulouse en 1681, duc de Penthièvre en 1697 et duc de Rambouillet en 1711, puis devient gouverneur de Guyenne et de Bretagne, lieutenant général mais aussi amiral, grand veneur : sa fortune est considérable.

 

Chef du conseil de la Marine sous Louis XV, il se fait portraiturer par Hyacinthe Rigaud devant des navires voguant sur une mer agitée, vers 1708, debout, cheveux au vent et doigt pointé en avant avec détermination. Ce tableau, dont l’original est aujourd’hui perdu, sera copié à de nombreuses reprises afin de permettre sa diffusion, dans sa version intégrale ou réduite comme ici, centrée sur le visage et le buste cuirassé du modèle, portant l’insigne de la Toison d’or, reçu et le cordon de l’ordre du Saint-Esprit. 

 

Figure majeure de la monarchie, il est chargé de défendre la Sicile lors de la guerre de Succession d'Espagne, Devenu Grand Amiral de France, le comte de Toulouse est placé à la tête d’une escadre, et fait reconnaître à Messine et à Palerme l’autorité de Philippe V en 1702 avant de battre, près de Malaga deux ans plus tard, une flotte anglo-hollandaise. Blessé, il bloque Barcelone en 1706, mais doit finalement s’en éloigner face à la flotte anglaise.

 

Un temps susceptible de succéder à la couronne, il se rend visible dans son hôtel parisien, aujourd'hui siège de la Banque de France, ainsi qu’au sein de son domaine de Rambouillet, lieu idéal pour les chasseurs. En août 1724, le Roi vient pour la première fois chasser le cerf à Rambouillet, puis prend l’habitude de s’y rendre très régulièrement.

 

Frère fidèle au duc du Maine, en dépit des ambitions et conspirations de ce dernier, il passe à la postérité avec une réputation de marin courageux. En effet, en tant que membre du conseil de régence de 1715 à 1723, il s'efforce de rendre son éclat à la marine de guerre française. 

 

L’acerbe Saint-Simon le décrit moins héroïque : « un homme fort court, avec un accueil aussi gracieux qu’un froid naturel, mais glacial, le pouvait permettre ; de la valeur et de l’envie de faire, mais par les bonnes voies, et en qui le sens droit et juste, pour le très ordinaire, suppléait à l’esprit ; fort appliqué d’ailleurs à savoir sa marine de guerre et de commerce et l’entendant très bien ».

 

Si le portrait original n’est toujours pas localisé, de nombreuses copies sont aujourd’hui conservées dans les collections publiques, dont celle du château d’Aulteribe, tandis que d’autres versions apparaissent régulièrement sur le marché de l’art. Tout récemment encore un tableau représentant le Comte de Toulouse, attribué à l’atelier de Rigaud, et non à Rigaud lui-même comme lors de sa précédente vente en 1996, a été mis en vente le 20 septembre 2020 chez Sotheby’s. Le modèle est figuré dans un paysage de marine, et porte sur son torse l’insigne de la toison d’or et le cordon de l’ordre du Saint-Esprit.

Oeuvre à la loupe

Pour aller plus loin

Ariane James-Sarazin, Hyacinthe Rigaud, 2 vol., Paris, Faton, 2016.

Autrice de la notice

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Morwena Joly-Parvex

Conservatrice du patrimoine

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