Art & Architecture

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Un Temple de Karnak, par Charles-Théodore Frère, dit Frère-Bey

Partez à la découverte d'un artiste voyageur, célèbre « orientaliste ».

Présentation de l'oeuvre

Charles-Théodore Frère, dit Frère-Bey (1814-1888), Temple de Karnak. Huile sur toile, 21 x 31,5 cm. Château d’Aulteribe (Sermentizon)

© Hervé Lewandowski / CMN

 

Charles-Théodore Frère, dit Frère Bey est le fils aîné d’un éditeur de musique parisien, fait qui explique probablement le lien avec la famille de Pierre, propriétaire du château, qui compte un célèbre musicien en son sein, Georges Onslow. Le tableau d’Aulteribe, signé, semble figurer des ruines sur un mode onirique, en raison de de pâleur des couleurs et de l’effet « flouté » de l’arrière-plan. Cependant, l’œuvre peut également être regardée comme parfaitement réaliste sur le plan atmosphérique, restituant l’effet sensoriel de l’apparition des ruines de Karnak.

Comme nombre d’artistes voyageurs avant lui, Charles-Théodore Frère immortalise ses souvenirs -paysages, activités quotidiennes des pays visités - avec des huiles sur panneau de bois ou sur carton et sur toile, au gré des matériaux disponibles au cours du périple, variété de support que l’on retrouve sur le marché de l’art. En dépit de la curiosité pour les mœurs étrangère, l’intérêt est moins documentaire qu’au XVIIIe siècle. Le peintre cherche avant tout à saisir une atmosphère, une lumière dorée particulière qui fascine les artistes dits « orientalistes ».  

Ce mouvement, hérité de l’esthétique romantique, célèbre un Orient parfois ou souvent transfiguré, à rebours d’une recherche d’authenticité. Ces artistes sont aussi concurrencés par le développement de la photographie, et cherchent à représenter des paysages de plus en plus réalistes.

Au sein de ce mouvement, Charles-Théodore Frère se distingue pour avoir représenté Jérusalem ou encore Palmyre, Damas et Beyrouth. Sa notoriété est telle que le roi Wurtemberg lui commande des toiles lors de son premier voyage en Algérie, tandis que l’État achète la toile Les monts de Felfela. Ses paysages orientaux sont exposés au Salon de Paris, comme le Coucher de soleil au bord du Nil, en 1877.

Théodore Frère est élève du portraitiste Jules Coignet et du paysagiste Camille Roqueplan à l’École des Beaux-Arts. Après ses études, il voyage à travers la France, puis en Afrique et au Moyen-Orient. Lors d’un premier séjour d’une année en Algérie, il est frappé par la lumière et les couleurs miroitant à la clarté du soleil. Lors d’un second voyage, il va s’installer en Algérie en 1836 et visite la ville fortifiée de Constantine. Son premier tableau orientaliste est exposé au Salon de 1839, salon à partir duquel il se consacre pleinement à la peinture orientaliste. Le peintre continue à voyager en 1851, et séjourne à Constantinople, Malte, Grèce et Smyrne, poursuit son périple à travers la Syrie, la Palestine, l’Egypte et la Nubie.

Il finit par installer son atelier au Caire en 1853, devient peintre de la cour et se fait nommer « bey », titre turc le désignant comme chef de ses terres. Fait notable, il accompagne l’impératrice Eugénie à l’occasion de l’inauguration du canal de Suez en 1869, accompagné des peintres Eugène Fromentin et Jean-Léon Gérôme.

Oeuvre à la loupe

Autrice de la notice

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Morwena Joly-Parvex

Conservatrice du patrimoine

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